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LECTURES (suite)


Une grande partie de mes articles seront consacrés à la lecture, une des raisons qui m'ont fait décider d'entreprendre ce projet.

Aujourd'hui je vais vous parler du roman :

Les hommes qui marchent de Malika Mokeddem



Le titre  fait référence aux origines de la grand-mère de Leïla, Berbère.

Le roman, inspiré de la vie de l'auteure, écrit à la 3e personne  constitue aussi un éloge à la lecture, l'éducation  et  la culture. Leïla, jeune Algérienne, fait le portrait de sa grand-mère Zohra qui berce son enfance avec les récits sur la vie de son clan se déplaçant à travers le désert algérien et retrace les évolutions de ses membres au fur et à mesure des influences de l'extérieur. Ainsi, l'oncle de son mari, Djelloul, dit Bouhaloufa, ayant entendu les Contes des mille et une nuits, prend l'envie de savoir lire et quitte son clan .Plus tard c'est au tour de Zohra et son mari de se sédentariser pour permettre à leurs enfants d'aller à l'école, mais Zohra n'oublie pas ses racines ...

Son mari étant mort lors de son périple à la Mecque, Zohra vit avec son fils et ses petits-enfants à Kenadsa, encore plus au sud que Béchar, à l'orée du désert car il y a du travail à la mine de charbon et plus tard, son fils Tayeb trouve un emploi comme gardien de puits à Kezaz.

Leïla grandit au pied de la dune et ne veut pas subir la vie de sa mère, toujours enceinte.

Soutenue par sa grand-mère, elle va à l'école et, brillante élève, est reçue au lycée puis à l'université et plus tard sera médecin. Elle insiste sur la lecture son passe-temps favori (et interdit) qui lui permet de s'échapper et s'instruire .

On découvre toutes les difficultés d'une femme sous le joug des hommes dans les années cinquante et soixante, avant et après l'indépendance et la montée de l'islamisme qui régit toute vie en famille et en société, et aussi les relations entre les " pieds-noirs ", les juifs et les arabes.

C'est une très belle écriture , très poétique, un kaléidoscope d'images et de paysages, parmi la pauvreté et la violence.

      plus d'infos sur :  https://www.babelio.com/livres/Mokeddem-Les-hommes-qui-marchent/230299


J'ai ensuite lu la suite: La transe des insoumis


Le titre fait référence aux insomnies chroniques de l'auteure , qu'elle met à profit pour lire ou écrire.

Ce roman retrace sa vie en France et les difficultés d'une femme médecin et écrivaine. Elle raconte sa vie intime et professionnelle comprenant des digressions permettant de retracer sa vie en Algérie en tant que jeune-fille cette fois. (il y a des redites avec le 1er roman). Elle décrit les menaces qu'elle subit ici en France, sa révolte contre l'intégrisme et sa tristesse d'être seule, son compagnon et son écriture ne faisant pas bon-ménage...

Elle ne voit que très rarement sa famille en Algérie, les relations avec sa mère étant difficiles. Elle est déchirée entre les deux cultures .

  plus d'infos sur :https://www.babelio.com/livres/Mokeddem-La-transe-des-insoumis/117613

Le premier roman ne m'a pas seulement touchée par le récit mais aussi par les descriptions de la vie auprès du Grand Erg occidental, les grandes dunes de sable, les petites maisons ocre, les rues en sable.


photo internet


Cette atmosphère de désert , la chaleur, les odeurs que je me rappelle des précédents voyages en Algérie ou au Maroc me transportent là-bas  lorsque je lis cette histoire et j'imagine la fournaise des maisons, la torpeur qui peut gagner les gens par une chaleur à peine supportable.


Kerzaz (photo internet)

Kenadsa (photo internet)


Je pense aussi à deux écrivains nés à Kenadsa et que j'aime bien :

Pierre Rabhi et Yasmina Khadra alias Mohammed Moulessehoul.

Tous deux décrivent l'Algérie et ses tourments.


Pierre Rabhi est plus connu pour son livre Vers la sobriété heureuse, mais j'ai beaucoup aimé son autobiographie Du Sahara aux Cévennes.


Cet homme qui a connu tous les métiers, vécu dans un petit village en terre à la lisière du Sahara,sait nous passionner avec sa vie, ses découvertes, ses difficultés. Ce ne fut pas facile de s'adapter à la France, mais il s'intégra à tel point que non seulement il devint Français, mais aussi catholique.

Grâce à son esprit d'entrepreneur il se fit connaître pour son investissement dans l'agroécologie.

Ce roman est écrit dans un très beau style, on y découvre sa grande culture (pas seulement de son jardin!), de la poésie et même de la philosophie.

https://www.babelio.com/livres/Rabhi-Du-Sahara-aux-Cevennes--Itineraire-dun-homme-au-/66506

Lisez cet extrait, il me fait tellement penser à l'enfance de Malika Mokeddem..

https://www.babelio.com/livres/Rabhi-Du-Sahara-aux-Cevennes--Itineraire-dun-homme-au-/66506/extraits


Yasmina Khadra est un auteur qui me passionne et celui de ses romans qui raconte l'Algérie est : 

Ce que le jour doit à la nuit.


Ce roman parle de l'Algérie avant l'indépendance puis au moment des " évènements ".

Le héros, Algérien, est élevé par son oncle, pharmacien et ses fréquentations européennes font qu'il ne sait plus de quel bord il est.

Il passe à côté du bonheur à cause d'une aventure d'un jour avec la mère d'une jeune-fille de son village.

                   https://www.babelio.com/livres/Khadra-Ce-que-le-jour-doit-a-la-nuit/88871






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